Points clés à retenir
- La Russie cherche à utiliser les pièces stables pour contourner les sanctions et effectuer des paiements internationaux.
- La Chine a interdit les crypto-monnaies mais continue d’explorer la technologie blockchain et les CBDC.
- Les États-Unis mettent en garde contre l’utilisation des crypto-monnaies pour contourner les sanctions et proposent des réglementations plus strictes.
Alors que les sanctions continuent d’entraver le commerce russe, le pays cherche activement des solutions alternatives pour se maintenir à flot. L’un de ces efforts consiste à utiliser des actifs numériques, en particulier des stablecoins, pour rationaliser les paiements transfrontaliers.
Qifa, une plateforme numérique qui facilite l’importation de biens de consommation chinois en Russie depuis sa création en 2013, Remarques Les paiements en cryptomonnaies ont considérablement amélioré les règlements transfrontaliers entre la Russie et la Chine. Les transactions bancaires traditionnelles, qui restent souvent en suspens pendant des mois, sont contournées au profit de ces actifs numériques.
Sommaire
Exploration de l’intégration des stablecoins pour les paiements internationaux
Les États-Unis tentent également d’élargir leurs sanctions aux banques chinoises, ce qui les obligerait à mettre en œuvre des mesures de conformité plus strictes pour les transactions financières. En prévision de cette situation, la Russie et la Chine explorent de manière proactive les paiements en cryptomonnaies, notamment facilités par les stablecoins, pour réduire leur dépendance aux canaux bancaires traditionnels qui pourraient être affectés par les sanctions.
Alexey Guznov, vice-président de la Banque de Russie, confirmé que le ministère des Finances et la Banque de Russie ont travaillé ensemble pour s’aligner sur les tendances mondiales en matière de monnaie numérique et ont discuté de propositions visant à légiférer sur l’utilisation de pièces stables pour les transactions internationales.
Toutefois, des défis techniques et réglementaires doivent être relevés pour garantir que ces actifs numériques puissent être utilisés de manière sûre et efficace pour les paiements internationaux. Guznov a souligné la nécessité d’examiner attentivement ces questions alors que la Russie avance dans ses projets d’intégration d’autres solutions de paiement dans ses règlements commerciaux.
L’utilisation des stablecoins progresse malgré les sanctions
Dans un contexte d’évolution de la dynamique du commerce international et de tensions géopolitiques accrues, la Russie et la Chine modifient subtilement leur position sur la réglementation des crypto-monnaies.
Comme l’a déjà signalé CCN, la Russie envisage d’utiliser de manière permanente des stablecoins pour les règlements transfrontaliers afin de contourner les sanctions occidentales. Suite à l’approbation de la loi sur les actifs financiers numériques (DFA) en mars, des acteurs clés comme l’Union russe des industriels et des entrepreneurs ont manifesté leur soutien.
Les stablecoins sont attrayants pour la Russie car ils permettent d’échapper au suivi des régulateurs étrangers, ce qui en fait un outil attrayant pour maintenir la liquidité et faciliter les transactions financières avec des pays comme la Chine. Dans le cadre de cette initiative, la gouverneure de la Banque de Russie, Elvira Nabiullina, a indiqué une position plus souple sur l’utilisation des crypto-monnaies pour les paiements internationaux alors que la Russie explore des systèmes de paiement mondiaux alternatifs.
La Chine, en revanche, maintient une position stricte contre la libre utilisation des cryptomonnaies sur son territoire. Alors qu’elle était autrefois un pôle majeur de l’industrie des cryptomonnaies, la Chine a depuis interdit les transactions et les opérations de minage de cryptomonnaies, invoquant des risques financiers et des préoccupations environnementales. Malgré cela, la Chine continue d’investir dans la technologie blockchain pour ses applications potentielles dans divers secteurs, signalant une adoption sélective de l’innovation numérique tout en excluant l’utilisation plus large des cryptomonnaies.
Le Trésor américain a déjà sonné l’alarme concernant l’utilisation des crypto-monnaies pour contourner les sanctions
Pour compliquer encore davantage le paysage des monnaies numériques, la Russie et la Chine développent actuellement des monnaies numériques de banque centrale (MNBC) : le rouble numérique et le yuan numérique. Ces monnaies numériques contrôlées par les gouvernements sont sur le point d’améliorer l’efficacité des transactions transfrontalières et reflètent une démarche stratégique de la Russie et de la Chine visant à établir des systèmes financiers plus autonomes face aux pressions internationales.
En avril de cette année, le sous-secrétaire américain au Trésor, Wally Adeyemo adressé Le Comité bancaire du Sénat a souligné une tendance inquiétante : l’utilisation croissante des cryptomonnaies par des acteurs malveillants pour contourner les réglementations financières traditionnelles. Il a notamment souligné l’utilisation par la Russie du stablecoin Tether (USDT) pour financer ses efforts de guerre sans déclencher de sanctions, soulignant la nécessité d’une réglementation plus stricte au sein du secteur des cryptomonnaies pour faire face à ces menaces.
Adeyemo a noté qu’en plus des groupes terroristes comme Al-Qaïda et le Corps des gardiens de la révolution iranienne, qui utilisent depuis longtemps les crypto-monnaies à des fins illicites, des États-nations comme la Corée du Nord et la Russie exploitent également de plus en plus ces actifs numériques pour contourner la réglementation.p.
Le Département du Trésor a proposé Une approche à trois volets pour s’attaquer à ces problèmes. La proposition préconise des sanctions secondaires contre les entreprises étrangères de cryptomonnaie qui facilitent les transactions pour les entités sanctionnées. Elle appelle également à une autorité réglementaire élargie pour garantir que les acteurs du secteur des cryptomonnaies mettent en œuvre des procédures KYC et AML robustes. En outre, l’approche comprend des mesures pour répondre aux défis posés par les plateformes de cryptomonnaie offshore.